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3 conseils pour surveiller la puissance des moteurs d’hélicoptères

Blogue Airtime Service client de P&WC
26 février 2019 | Hélicoptères, Maintenance, Performance | 3 min de lecture
Dans le monde des hélicoptères, on sait bien que le rendement du moteur varie avec le temps. La vérification régulière de la puissance vous indique quand prendre les mesures qui s’imposent.

1. VÉRIFIEZ SOUVENT LA PUISSANCE POUR DÉCELER LES TENDANCES

Les exploitants d’hélicoptères réalisent des essais de puissance moteur (PAC pour power assurance checks) afin d’analyser en détail le rendement de leur turbomoteur en temps réel. Ces données s’avèrent d’autant plus utiles si les exploitants utilisent les résultats pour établir des tendances au fil du temps et ainsi mieux comprendre les changements de l’état du moteur.

Cette pratique est appelée surveillance des tendances des moteurs (ECTM) ou surveillance des tendances des moteurs d’hélicoptères (HECTM). L’analyse régulière des données sur les tendances permet de surveiller étroitement les moteurs, de repérer les changements tendanciels majeurs dès qu’ils se manifestent et d’agir promptement. Par conséquent, il est conseillé d’effectuer fréquemment des PAC, ainsi que l’explique Pat DiRico, Ingénierie du Service client, Turbomoteurs, P&WC.
Bien que le manuel de vol du giravion recommande d’effectuer les PAC à intervalles précis, réduire les intervalles, par exemple à dix heures, facilite l’observation des tendances. Cela permet ainsi de repérer toute détérioration de la partie froide ou de la partie chaude dès son apparition. 
Pat DiRico, Ingénierie du Service client, Turbomoteurs, P&WC
La solution FASTMC de gestion de l’état moteur de P&WC simplifie considérablement ce processus. Offerte pour les hélicoptères AW139 de Leonardo propulsés par des moteurs PT6C-67C, FAST recueille, analyse et transmet par liaison sans fil les données relatives à la puissance et à de multiples paramètres des moteurs et de l’appareil dans les minutes suivant l’arrêt du moteur. Grâce à cette solution, les exploitants d’hélicoptères peuvent mener des vérifications automatiques de la puissance, lesquelles s’affichent dans le cockpit, réduisant du coup la charge de travail du pilote et les possibles erreurs humaines.

2. SURVEILLEZ LES TENDANCES

Au cours d’un PAC, deux paramètres du moteur sont enregistrés et évalués. D’abord, la température interturbines (ITT) ou, selon le modèle du moteur, la température de gaz mesurée (MGT). Ensuite, la vitesse de régime générateur de gaz, ou Ng.

On détermine les valeurs recommandées (les « specs ») pour ces paramètres (communément appelés seuils) d’après la température extérieure (OAT) et l’altitude-pression (PAlt) du jour où a lieu le PAC. Les tableaux relatifs aux PAC dans le manuel de vol du giravion comprennent des courbes de fonctionnement qui représentent les différents paramètres du moteur en fonction de diverses pressions et températures ambiantes.

« La plupart des exploitants se fient au PAC pour s’assurer qu’ils disposent d’une marge avant d’atteindre le seuil, explique Pat. Autrement dit, jusque-là, ils estiment que le moteur est en bon état. Un moteur peut ne jamais connaître de problème, mais la moindre variation soudaine de la marge, par exemple un changement de 10 degrés ou de 1,5 % au cours des 50 dernières heures, peut indiquer un problème potentiel dans le moteur qui doit faire l’objet d’un examen. »
Si les valeurs de rendement se rapprochent des seuils recommandés ou si elles diffèrent de celles du dernier PAC, mieux vaut assurer un suivi.
Pat DiRico, Ingénierie du Service client, Turbomoteurs, P&WC
Ce suivi peut prendre la forme d’un nouveau PAC (si, par exemple, le prélèvement d’air n’était pas désactivé), d’un lavage du compresseur visant à améliorer sa performance ou d’une inspection endoscopique de la partie chaude.

3. APPUYEZ VOTRE DIAGNOSTIC SUR LES TENDANCES

La variation spécifique de la marge des paramètres du moteur peut indiquer si le problème concerne la partie froide (compresseur), la partie chaude (turbines) ou s’il s’agit simplement d’une indication imprécise. Par exemple, une variation de la marge ITT/MGT associée à une marge Ng stable peut révéler un problème d’instrumentation de l’appareil ou du moteur.
Grâce aux données fournies par l’HECTM, on se concentre sur le vrai problème au lieu de perdre du temps et des ressources en cherchant au mauvais endroit. De plus, la maintenance peut être planifiée, le cas échéant. Autrement dit, l’HECTM permet de décider de façon proactive du moment de la maintenance et d’éviter une immobilisation imprévue en raison de problèmes de performance.
Pat DiRico, Ingénierie du Service client, Turbomoteurs, P&WC
Le chapitre sur la localisation des défaillances dans le groupe motopropulseur du manuel d’entretien du moteur (chapitre 71-00-00) comprend toutes les recommandations et les procédures de localisation des défaillances en cas de problème de fonctionnement. La plupart de ces procédures peuvent être mises en œuvre au sein de l’installation de l’exploitant. Au besoin, vous pouvez aussi contacter votre représentant sur place ou notre Centre Priorité clients pour de l’aide.

Vous aimeriez profiter d’autres conseils de nos experts? Lisez notre article intitulé Quatre incontournables pour la maintenance de moteurs d’hélicoptère.